La Passerelle

Dès 1848 – un plan en témoigne formellement – le futur pont ferroviaire sur la Garonne est déjà désigné par le terme “Passerelle”, soit douze ans avant sa construction.

Commencé en septembre 1858, l’ouvrage fut inauguré en la fête de l’empereur Napoléon III, le 15 août I860.

Le projet, dressé par les ingénieurs de la Compagnie des Chemins de fer du Midi – dont Paul Régnault – qui contrôlaient les travaux, était exécuté par la Compagnie des Matériels des Chemins de Fer dont faisait partie Gustave Eiffel. Celui-ci avait mis au point pour ce chantier un procédé audacieux : les piles du pont sont en fait des caissons à air comprimé ! Cette méthode de “fonçage” à l’air, toute récente, est reprise par Eiffel mais grandement améliorée par lui.

Dans son Traité sur les ouvrage métalliques, Régnault lui-même explique combien le procédé mis au point par Eiffel est novateur. Dans les faits, une pile posée selon la méthode Eiffel est construite cinq fois plus rapidement qu’avec la méthode précédente, et de plus les ouvriers creusent à pied sec à l’intérieur de la pile, alors qu’auparavant ils travaillaient dans l’eau et la boue.

A l’issue du chantier, les ouvriers offrirent à Eiffel une coupe en bronze, ainsi qu’une médaille sur laquelle ils avaient fait inscrire “Hommage – Reconnaissance”.  Mais déjà les frères Péreire avaient remarqué le jeune chef de chantier, et allaient en faire l’ingénieur que l’on sait. Eiffel n’avait alors que 26 ans.

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