Les voies des Queyries

En 2012 les quais des Queyries et Brazza étaient encore équipés de voies ferrées encadrant une chaussée de pavés. De part et d’autres, des embarcations bien fatiguées montraient quelle avait été la vie du Quai des Queyries : le fleuve et le chemin de fer, ensemble et indissociables. Tout cela était, en 2012, bien fini. Mais fallait-il en éliminer les dernières traces ? Rien n’est moins sûr !Bordeaux Queyries barques

2005 : quand Queyries avait encore une âme, faite de pavés, de rails et de bateaux. Une poésie que l’on n’a pas su conserver.

Vers l’intérieur des terres, la bande de terrain comprise entre la rue des Queyries et la Garonne était traversée par des faisceau de triage encore bien visibles. En 2013, certains ont déjà disparu. En 2015, le réaménagement de la zone Queyries-Brazza, – depuis les Grands-Moulins de Paris jusqu’à l’ex site Soferti – aura tout effacé, ou presque.

Que restera-t-il de cette activité qui aura duré près d’un siècle ? Les images sont très rares, les écrits le sont encore plus, alors que désormais les bordelais risquent d’avoir oublié ces installations ferroviaires.

Gare d'Orl. 1979 faisceau A-C

Vers 1979, sur le côté de la rotonde des locomotives.
Les rails brillants témoignent d’un trafic fret encore quotidien.
Au fond, on distingue la gare d’Orléans.

De nos jours, seuls les Grands Moulins de Paris sont encore desservis. L’utilité de cette voie ferrée, héritage de la Compagnie du Paris-Orléans, est plus vérifiable que jamais, car sans elle 50 semi-remorques traverseraient chaque semaine le futur éco-quartier. Une contradiction majeure qui n’échapperait certainement pas aux futurs riverains…

Pour rejoindre le Réseau Ferré National, les trains des Grands-Moulins de Paris doivent longer la rue des Queyries puis franchir la rue Lajaunie. Ils empruntent pour cela une voie unique, mais qui est encore accompagnée par plusieurs voies formant un faisceau que les bordelais ont perdu de vue, c’est le cas de le dire. Le site est pourtant étonnant : on y perçoit encore la puissance de l’activité ferroviaire des années 50, avant que l’activité fret SNCF ne s’effondre.

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 PO-faisceau-direction-Sud-P3080170Un site perdu de vue ? Le dernier coup œil possible fut organisé le samedi 13 septembre 2014 au soir, grâce à des circulations de type touristique organisées par la Mairie de Bordeaux, avec une remarquable complicité de la SNCF. Mais le faible nombre de place, le créneau horaire à la nuit tombée et la section de voie choisie ne montra, à vrai dire, pas grand-chose à quelques centaines de personnes tout au mieux. Espérons que cette initiative aussi surprenante qu’appréciable puisse être renouvelée avec une approche plus patrimoniale. C’est justifié au plan culturel, quant au plan technique, c’est parfaitement faisable (la SNCF n’avait-elle pas acheminé pour l’occasion les baladeuses du train touristique de la Pointe-de-Grave ?).